Critique

 

Oeuvre non trouvée

note: 5Puissant - 16 avril 2020

Nous sommes dans les années 90, dans une campagne française agricole, parmi les saisonniers. Toute une faune bigarrée qui louent ses bras pour une bouchée de pain. Des étrangers bien souvent et puis des français, échoués là, farouches défenseurs de la liberté que leur offre ce travail, nomade, en pleine nature, avec un patron qui ne le reste qu’un jour ou une semaine. Mais la contrepartie, c’est ce corps à corps avec le labeur éreintant, dans l’intense et accablante chaleur ou le froid mordant quand vient l’hiver. Et puis après le travail, la solitude guette et tous se retrouvent au café. On y dépense l’argent gagné durement la journée et on s’abrutit d’alcool, chaque soir. Rosalindre et Mouna sont deux jeunes femmes, libres et sans attache, elles aussi se déplacent là où le travail se présente. Et pourtant, elles cherchent, elles poursuivent leur quête malgré ou grâce aux fêlures passées et au désir exigeant de se confronter à la brutalité et à la violence des corps et de ne fuir aucune réalité. Voici un roman qui secoue, bien encore après avoir tourné la dernière page, par son souffle dramatique, ses personnages, grandioses et à la fois déchus et surtout, par son âpre puissance vitale.