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Critiques rédigées par DOMINIQUE

 

Sens dessus dessous (Milena Agus)

note: 5D'ART DAIGNE LA SARDAIGNE DOMINIQUE - 13 septembre 2018

Quelle fraîcheur, quelle humanité, quel altruisme. Voici un livre ou rien n'est jamais définitif, ou tout reste toujours possible, malgré les vicissitudes que chacun de ses personnages ne manque pas de rencontrer. L'humilité et l'ouverture à son prochain, finissent pas user les différences et vaincre les préjugés. Une leçon de vivre dans laquelle la fiction ne semble en aucun cas se détacher de la réalité. La musique de la mer retranscrite sur une partition pour qui touche à peine terre!

Mon autre famille (Armistead Maupin)

note: 4"COMING OUT"* DOMINIQUE - 27 juillet 2018

*"Sortir du placard" tout tient dans ce passage aux aveux. C'est finalement le bon de sortie d'Etats trop Unis, dans une intolérance et évidemment une homophobie, quand on est un adolescent "différent" et que l'on est élevé par un père ultra conservateur. L'auteur des "Chroniques de San Fransisco" reprend cette fois à son compte le combat et l'évolution de ce droit à la différence, à travers plus d'un demi siècle, où il n'a eu de cesse d'exhorter ses semblables à sortir de l'ombre et à revendiquer au plein jour leur homosexualité.
Une longue marche des fiertés sous les flonflons de l'hymne américain qui rappelons-le se termine par cette phrase:
"Et la bannière étoilée dans son triomphe flottera
Sur la terre de la Liberté et la patrie des courageux ."

La Grande Harmonie (Zechen Xu)

note: 4LES VERTUS DU "CONFUSIONISME" DOMINIQUE - 18 juillet 2018

"La grande harmonie" n'est pas une maison, c'est seulement une façade, elle n'est pas non plus un livre, c'est juste une couverture. Si vous vous glissez dedans, vous découvrirez combien est nécessaire ce titre, pour nous maintenir en équilibre dans un intérieur des plus instable, où tout est soumis à la loi de la transformation. Xu Zechen nous invite dans ce casse-tête chinois dans une écriture jubilatoire et facétieuse, ou chacun est une partie d'un autre. Nous n'avons aucun mal à nous identifier à ses personnages, car l'Empire du Milieu, ne peut être que celui où se fait le partage en nous-même. Et d'ailleurs, souligne t'il: "L'amour qu'on ne réussit pas à oublier est notre second pays natal"...

La vie parfaite (Silvia Avallone)

note: 3LE DEBUT DE LA FIN DOMINIQUE - 28 juin 2018

"L'amour, c'est vouloir donner quelque chose qu'on a pas, à quelqu'un qui n'en veut pas", cette terrible sentence de Jacques Lacan, semble faite sur mesure pour illustrer, cette "Vie parfaite" et par ailleurs tous les romans de S.Avallone. Ici, la maternité est traitée dans un va et vient incessant entre celle qui peut mais ne veut et celle qui veut mais ne peut. Finalement, le héros de cette impossible histoire est un écrivain en herbe, qui n'a plus le temps d'écrire tant il vole en permanence au secours de ses semblables. Zéno, comme son nom peut le supposer, possède ce détachement nécessaire pour tirer d'affaire toutes ces italiennes au bord de l'hystérie et ces italiens jamais trop honnêtes. On peut regretter que le livre soit construit sur un retour en arrière, ce qui enlève au récit un suspens qui nous aurait tenu d'avantage en haleine.

Sapiens (Yuval Noah Harari)

note: 4SCIENCE-FRICTION DOMINIQUE - 23 juin 2018

Voici un livre que tout le monde devrait lire! Histoire de faire le point sur qui nous sommes et de se remémorer que nous venons tous aussi de l'Afrique, avec cette chance de ne pas avoir coulé en mer ou de ne pas être refoulés des côtes européennes. Un prodigieux périple pour aboutir au projet Gilgamesh de nous rendre immortel, sur lequel les plus éminents spécialistes de la planète travaillent aujourd'hui. Le Sapiens prenant le pas sur l'homo...

D'acier (Silvia Avallone)

note: 3LOLITALIENNES DOMINIQUE - 11 juin 2018

Deux pères comme on en voudrait jamais. Le premier, brute épaisse qui n'hésite pas à cogner, le second vivant de trafics et de magouilles. Deux mères qui subissent, sans vraiment oser se révolter. Voilà le décor de ces deux lolitas, qui jouent à être des femmes bien avant l'heure. Mais leur apprentissage chaotique de la gent masculine ne saura que les décevoir et finalement l'amour qui les unit, bien que coupable, emportera tous les préjugés d'une Italie en pleine mutation. D'acier a les qualités et les défauts d'une première oeuvre, malgré son audace, le jeu alterné de ses principaux personnages manque quelque peu de retenue. Une fougue que saura d'avantage maîtriser S. Avallone dans ses romans suivants.

Marina Bellezza (Silvia Avallone)

note: 4L'AMOUR VACHE DOMINIQUE - 6 juin 2018

La schizophrénie italienne racontée à travers l'amour impossible d'un jeune couple. Marina Bellezza a une apparence et une voix tout à fait digne de son nom et se laisse emporter par le "star system" d'une américanisation à outrance. Andréa suit, pour sa part, une voie lactée. Il reconstitue un troupeau de "grises alpines" comme celui qu'élevait son grand-père dans la rudesse des montagnes.
Dans une écriture enjouée, pleine de fougue et de rebondissements, Avallone nous conte ce "Roméo et Juliette" des temps berlusconiens, où la vérité se révèle peut être dans une de ses réflexions: "Ce ne pas vrai que ce qui compte, c'est où on arrive. Ce qui compte, c'est d'où on vient."

Chroniques de San Francisco n° 9
Anna Madrigal (Armistead Maupin)

note: 5A MAN AND A GIRL DOMINIQUE - 31 mai 2018

Secret de polichinelle, Anna Madrigal, c'est aussi An(n)a-gramme: A man and a girl! L'auteur a la nostalgie des temps divins, où nous n'étions qu'un, avant que le sexe ne vienne tout "foutre" en l'ère. Et oui, sexus, dont il est à l'origine, veut dire section, séparation en deux. Quelle idée! Anna et la plupart de ses acolytes, essaient tant bien que mâle, de retrouver cette unité que nos plus profonds gènes ont gardé en mémoire. C'est l'aboutissement (livre 9) d'une saga très originale pour ne pas dire "originelle", dans le finistère d'un monde occidental où les affirmations se noient dans un océan des plus pacifiques.

Vers la beauté (David Foenkinos)

note: 3L'ÉVAPORÉ... DOMINIQUE - 2 mai 2018

La figure de style de Foenkinos est de nous dissimuler une motivation bien plus tragique que celle qu'il nous laisse supposer à travers "l'évaporation" de son héros. Ce thème de la personne qui abandonne tout, cher à la littérature japonaise, est repris par l'auteur tout comme la possibilité de communiquer avec les disparus, propre au shintoïsme. La beauté est peut être celle de ce pont fragile qui enjambe le Styx, un monde flottant nous permettant de nous libérer de nos plus profondes souffrances.

La belle n'a pas sommeil (Éric Holder)

note: 4LE CHANT DU SIGNE DOMINIQUE - 7 avril 2018

Une librairie, un livre, un libraire, en apparence, cela peut être chatoyant, plein de mystères, l'invitation à la découverte. Et puis dès qu'on pousse une porte, qu'on soulève une couverture ou qu'on engage une conversation, toutes les nuances d'une intimité insoupçonnée vont venir modifier notre destinée. L'état d'apesanteur dans lequel vivait l'écrivain, son double romancé et nous-même lecteurs, va basculer dans une rencontre. Un merveilleux chant du cygne, une sublime illusion qui va faire remonter à la surface, un passé enfoui pour occulter la souffrance.
L'oiseau s'envole, on remet les pendules à l'heure, bientôt il sera minuit. La seule aiguille de notre égalité. Sans amertume...

L'amie prodigieuse n° 4
L'enfant perdue (Elena Ferrante)

note: 4MISE EN ABIME DOMINIQUE - 6 avril 2018

Au bout de 2000 pages, ressurgit, plus d'un demi siècle plus tard, les deux poupées disparues dans les ténèbres de la cave d'un "parrain" redouté. On se demande si elles ne sont pas transpercées d'aiguilles, tant elles semblent être le double d'Elena et de son ami prodigieuse Lila, au vu de tous les malheurs qu'elles ont dû affronter.
L'auteure est une spécialiste du dédoublement, Elena Ferrante, s'est longtemps dissimulée derrière ce patronyme, on sait aujourd'hui qu'il s'agit d'Anita Raja. Elena est aussi le prénom de son héroîne qui dans son roman est-elle-même romancière! Enfin, elle est partagée entre sa brillante carrière littéraire qui l'arrachera du milieu sordide où elle est née, et son désir de revenir dans ces ruelles populaires de Naples d'où son alter-ego Lila n'a jamais décollé. Seule la trahison d'un sermon (ne pas raconter l'intime de leur enfance) mettra fin à cette amitié aux allures d'envoutement, chargé de sortilèges. Le malpropre de la littérature?

Le dieu des petits riens (Arundhati Roy)

note: 4PAS TOUCHE! DOMINIQUE - 24 mars 2018

La plume d'A. Roy tire son originalité du fait qu'elle ne cesse de virevolter sur les lignes de démarcation de notre monde. Sur ces lieux d'affrontement, où pour se tirer d'affaire, il faudrait ne pas choisir son camp.
L'enfance et l'état d'adulte, le colonisateur et le colonisé -avec en filigrane le christianisme et la tradition hindouiste-, la politique conservatrice et la poussée du communisme.
Mais ce que dénonce par dessus tout A. Roy, c'est le statut des intouchables, cette tradition honteuse qui ignore les Droits de l'Homme et qui les maintient dans la pire des conditions de l' esclavage. Les jumeaux (autre double conflictuel) que choisit l'auteure pour conduire son récit, ne sont finalement que les victimes d'une société où l'amour ne peut réussir à vaincre d'impardonnables préjugés.

Voleur, espion et assassin (Iouri Bouïda)

note: 4BOUÏDA sauvé des eaux DOMINIQUE - 15 mars 2018

Eau se dit vodka en russe. Elle a débordé sur toutes berges où vit un peuple laissé pour compte par ses dirigeants. Bouïda a échappé à la noyade générale grâce à une passion irrésistible: Lire! Il nous raconte le grand démantèlement de l'URSS, la corruption, la misère, la folie et les espoirs d'un pays impossible à gouverner sans que l'économie qui l'arrime aux grandes puissances capitalistes, ne prenne le pas sur le partage idéalisé. La glasnost (transparence) a enfin trouvé quelqu'un pour essuyer les verres, qui soit digne de la pensée d'Edmond Jabès: "Le visible est une rayure sur la vitre de l'invisible".

Le ministère du bonheur suprême (Arundhati Roy)

note: 3CACHE-MIRE DOMINIQUE - 28 février 2018

En découvrant le titre, on pourrait s'attendre à suivre une aventure qui nous ménerait au coeur de l'ancestrale sagesse hindoue. Aussi quelle surprise de découvrir, dès les premières pages, que les héros de ce ministère ne sont que marginaux, travestis, rebelles et parias. Presque tous finissent par élire domicile dans le refuge d'un cimetière de la mégapole Delhi (25 millions d'habitants). L'auteure en fait le centre rayonnant de cette immense fourmilière pour ceux qui ont échappé à la haine raciale (le Cachemire à feu et à sang), aux préjugés des castes et à la corruption généralisée d'une Inde "moderne" que même l'imposant éléphant Ganesh ne peut plus dissimuler.

4 3 2 1 (Paul Auster)

note: 4CONTE A REBOURS DOMINIQUE - 24 février 2018

1. Le grand-père de P. Auster débarque à New York. 2. On lui conseille d'oublier son nom de juif russe. 3. On lui suggère de dire à l'agent d'immigration qu'il s'appelle Rockefeller. 4. Au moment où on le lui demande, il ne s'en souvient plus et s'exclame en yiddish "Ikh hob fargessen! (J'ai oublié!) et l'agent croyant entendre Ichabod Fergusson, l'enregistre sous ce nom.
Tout repose sur des malentendus, c'est ainsi que l'auteur va développer 3 scénarios possibles. Ils aboutissent au bout de la main de ce petit fils prodigue qu'il est devenu et qui nous révèle finalement comment un même individu peut voir évoluer sa destinée dans un sens ou dans un autre, selon ses capacités d'adaptation.

4 3 2 1 (Paul Auster)

note: 4CONTE A REBOURS DOMINIQUE - 19 février 2018

1. Le grand-père de P. Auster débarque à New York. 2. On lui conseille d'oublier son nom de juif russe. 3. On lui suggère de dire à l'agent d'immigration qu'il s'appelle Rockefeller. 4. Au moment où on le lui demande, il ne s'en souvient plus et s'exclame en yiddish "Ikh hob fargessen! (J'ai oublié!) et l'agent croyant entendre Ichabod Fergusson, l'enregistre sous ce nom.
Tout repose sur des malentendus, c'est ainsi que l'auteur va développer 3 scénarios possibles. Ils aboutissent au bout de la main de ce petit fils prodigue qu'il est devenu et qui nous révèle finalement comment un même individu peut voir évoluer sa destinée dans un sens ou dans un autre, selon ses capacités d'adaptation.

L'ordre du jour (Éric Vuillard)

note: 1L'ORDRE DE LA COLLUSION DOMINIQUE - 13 février 2018

Editions Ates Sud, directrice Françoise Nyssen et entre autre ministre de la Culture! Il n'en fallait pas plus pour donner le Goncourt à un ouvrage bien mince (150 pages, un record!) qui radote une fois de plus sur la collusion entre grand capital et le fascisme. A qui cela Profite? "Plus jamais ça", bien entendu, mais tellement d'autres sujets d'aujourd'hui mériteraient d'être traités et récompensés...

Homo deus (Yuval Noah Harari)

note: 4LE MOUVEMENT DATAISTE... DOMINIQUE - 29 janvier 2018

Nous sommes "totalement" prévisibles! Voilà ce que nous suggère cet ouvrage qui se tient à la pointe de la recherche scientifique. Des immenses fortunes sont investies à l'heure actuelle dans la Silicon Valley, pour nous connaître mieux que nous-mêmes. L'étude de nos algorithmes personnels renseignent les chercheurs sur chacun de nos faits et gestes. Nos conditionnements peuvent se lire comme des cartes programmatiques. L'intelligence artificielle peut ainsi nous prévenir de certains dangers, telles les maladies génétiques par exemple, que nous aurions bien du mal individuellement à voir venir. Nous pouvons tout améliorer: notre santé, nos relations, notre travail, nos loisirs, à condition que ce cerveau extérieur que nous avons mis en place, prenne le relais de notre volonté. A méditer... c'est ce que fait Yuval Harari deux heures par jour grâce à la technique Vipassana (l'art de voir les choses telles qu'elles sont réellement).

La vie secrète des arbres (Peter Wohlleben)

note: 4ECHO LOGIS DOMINIQUE - 16 janvier 2018

L'arbre a été notre première maison, nous fournissant protection et nourriture, avant que l'on ne saute dans la savane et que l'on ne se redresse pour y voir plus clair. Justement, regardons autour de nous, du bouleau qui frissonne dans le parc, au mélèze vibrant d'air pur dans la montagne et jusqu'au baobab qui coule ses vieux jours sur le continent africain, tous les arbres sont des êtres on ne peut plus respectables. Comme nous, ils ont des émotions, ils sont doués d'intelligence. Peter Wohlleben, qui passe sa vie à les observer, nous dévoile leurs surprenantes stratégies, et nous apprend à vivre avec eux dans une profonde reconnaissance. Ne se doit-on pas d'être plein d'attentions pour ceux de nos semblables qui ont le plus de mal à se déplacer?

Les huit montagnes (Paolo Cognetti)

note: 4CAIN-CAHA DOMINIQUE - 15 janvier 2018

Le mythe de Cain et Abel est éternel. Comme les neiges. C'est autour des sommets qu'elles recouvrent, que se situe l'intrigue. Bruno est un enfant qui a choisi de rester accroché à sa montagne, Pietro, son ami qui a grandi en ville, a la bougeotte. Lors d'un voyage au Népal, il découvre un mandala, cercle traversé de quatre diamètres aux bouts desquels émergent les 8 montagnes: notre monde. A l'intersection de cette roue s'élève un autre pic: le Sumaru, point culminant de l'ascension intérieure. Qui sera sacrifié? Celui qui part ou celui qui reste? La vie n'est pas toujours rose, comme le Mont qui domine la vallée où se noue cette improbable amitié. Plus haut est ce qui touche la lumière, plus grande est son ombre...

Portraits crachés (Claude Arnaud)

note: 5ARLEQUINADE DOMINIQUE - 23 novembre 2017

Soyez courageux, armez-vous de patience! Claude Arnaud est un marathonien de l'écriture, mais les quelques 900 pages qu'il nous propose sont la révélation de notre identité, qui va de pair avec une excellente révision de l'histoire de la littérature. Jusqu'à Saint Augustin la lecture ne se faisait qu'à haute voix et en assemblée! C'est ce théologien qui l'a rendu muette, favorisant ainsi l'introspection et la réflexion sur les caractéristiques de notre individualité. Le portrait de plume va alors venir concurrencer le portrait de pinceau, car bien plus facile à exécuter et surtout plus apte à définir certains contours que la peinture ne peut rendre par sa fixité. Morceaux choisis de La Fontaine, Molière, Balzac, Hugo, tous portraitistes virtuoses esquissant déjà la découverte de l'inconscient, qui rendra encore plus complexe l'analyse de ce qui caractérise chacun! "Qui dit je en nous?" avait déjà interrogé l'auteur dans un ouvrage précédent. Ouvrons donc ce grand nuancier...

Un bruit de balançoire (Christian Bobin)

note: 5BOBIN DES BOIS DOMINIQUE - 17 novembre 2017

Le Creusot, la petite route qui grimpe dans les collines, l'allée dans le sous-bois, la maison dans la clairière, Bobin qui ouvre sa porte, son beau sourire... Quand on vient le visiter, on suit déjà le chemin de son écriture, quand on entre chez lui on pénètre au coeur ses livres. Le poète s'en tient au plus simple de la vie, il nous redit le miracle d'exister, la grâce de chaque instant dans ce qui entoure. Il donne la parole à celui qui se tait en nous, qui n'ose plus l'émerveillement de l'enfance. Chaque lettre de son dernier ouvrage nous est adressée, car par le prodige du lâcher-prise auquel il nous incite, nous devenons instantanément son ami, sa mère, l'ermite Ryokan, le coucou sur la branche, son bol ébréché, ses chers nuages et ses précieux fantômes... Tout est prétexte à illumination, ouvrez son livre et venez vous aussi lui rendre visite.

Les corbeaux sont les gitans du ciel (Alexandre Romanès)

note: 4L'HOMME QUI A VU L'OURS... DOMINIQUE - 10 novembre 2017

"Comment avez-vous fait pour être encore debout?" C'est la question que l'on pose le plus souvent à Alexandre Romanès. En effet, son ouvrage est un récit de survivance. Ce gitan au grand coeur a survécu à un père tyrannique, à loi implacable de son milieu, aux crocs et aux griffes des lions, à des assassins rencontrés dans la rue. C'est son amour pour les autres et en particulier pour les femmes qui l'a sauvé. Lui, le manouche illettré, dont le grand-père promenait encore un ours de place en place, a appris à lire et à écrire à plus de vingt ans. C'est par la lettre qu'il à découvert toute cette poésie qui sommeillait au fond de lui et ne demandait qu'à s'exprimer. C'est cela que nous conte Alexandre, et si vous avez l'occasion de vous rendre à Paris, ne manquez pas d'aller assister à une séance de son cirque tzigane. Son livre reste grand ouvert et nous entraîne sur la piste d'une éblouissante lecture.

L'ange qui boite (Jean-Marie Kerwich)

note: 5L'INSOUTENABLE LEGERETE DE LA PLUME DOMINIQUE - 21 octobre 2017

Imaginez un nouveau né qui viendrait au monde avec la capacité de la parole et le don d'écrire! Kerwich est cet envoyé du ciel qui s'émerveille de tout, c'est à dire des plus petits riens. Ce nomade qui suspend son pas, de peur d'écraser la beauté d'une feuille morte, nous replace au coeur de la poésie et dans ce qu'elle n'aurait jamais du cesser d'être: l'enchantement de celui qui sait qu'il ne gardera jamais rien pour lui...

Soumission (Michel Houellebecq)

note: 5OU EST LE BEC? DOMINIQUE - 22 septembre 2017

Finalement, François, ce professeur de lettres en mal d’aimer, se convertirait à l’Islam, convaincu que nombre de ses relations qui l’ont précédé, ont pu tirer parti de la polygamie en cours pour accéder à une vie amoureuse plus épanouie.
« L’Islam ne fait que légaliser une situation qui existe aussi depuis toujours chez les occidentaux, mais sous un mode hypocrite, honteux et conflictuel » se justifie un de ses supérieurs qui tente de le convaincre.
Le conditionnel est malgré tout au bon emploi, car Houellebecq qui s’identifie à son personnage à la première personne du présent tout au long de son ouvrage, passe à ce mode dans les dernières pages, au moment justement du passage à l’acte.
Toutefois l’auteur semble nostalgique d’une religion patriarcale, pour preuve son professeur qui est un spécialiste de Huysmans, lui-même converti au catholicisme en fin de vie. « La mort du père » semble être au coeur des préoccupations de Houellebecq et c’est à mots couverts qu’il s’interroge sur les bienfaits d’une parité homme-femme en marche dans notre civilisation occidentale.

La veuve des Van Gogh (Camilo Sánchez)

note: 4LA FEMME DE L'OMBRE DOMINIQUE - 13 juin 2017

Dans cette danse de la lumière qui caractérise l'oeuvre si particulière de Van Gogh, Camilo Sanchez, réhabilite celle qui fut sa belle soeur et, sans qui, le peintre n'eut probablement pas obtenu la reconnaissance qui est la sienne aujourd'hui. C'est à travers une patiente relecture des lettres entre les deux frères, que Johanna se convainc du génie du peintre, parce qu'il était d'abord un poète et que chaque torsade de couleur dont il illuminait ses toiles était l'invention d'un nouvel alphabet, que très peu alors, parvenait à déchiffrer. "La veuve" à rapatrié tout ce qu'elle a pu des tableaux de Vincent dans son auberge près d'Amsterdam, mais nombre ont disparu dans les marchés aux puces de l'époque, et certains peintres du dimanche n'hésitaient pas même à les recouvrir de leur propre croûte! Qui dira le génie caché?

La nature exposée (Erri De Luca)

note: 4LA CULTURE DU PARADOXE DOMINIQUE - 12 avril 2017

Di Luca est un écrivain du partage. Il cisèle son écriture avec la précision propre à l'alpiniste qui s'approche des sommets, puis la laisse se briser, telle la dentelle d'écume, sur le rivage du monde. Il trace sa piste entre la montagne, où il rend l'argent aux clandestins une fois qu'il les a faits passer de l'autre côté, et le littoral où, grâce à son talent de sculpteur, il doit dévoiler l'homme qui s'abrite derrière Dieu.
Dans sa "nature exposée" une énigme reste entière:pourquoi la femme qu'il rencontre, veut-elle le précipiter de la petite mort à la grande?
Eros est-il le fil conducteur de Thanatos?

Le génie de la bêtise (Denis Grozdanovitch)

note: 4PAS SI BÊTES? DOMINIQUE - 11 avril 2017

Gardons-nous de notre arrogance!
L' intelligence prodigieuse qui nous a distingué en tant qu'humain et conduit jusqu'à l'ultime perfectionnement de notre civilisation, cache également un comportement aveugle et auto-destructeur mettant notre planète et tous ses organismes vivants en péril. L'auteur nous invite à plus d'humilité et à reconnaître que le monde animal, végétal et plus simplement tout se qui se manifeste dans l'univers est doté d'une logique mue par l'inventivité et la faculté d'adaptation. De tous les génies qu'il a approchés, il admire principalement un "simple d'esprit" du monde paysan, avec qui, enfant, il partait en balade et qui lui a fait découvrir combien il était essentiel d'apprendre à se refondre dans les rythmes naturels.

Devenir humains (Yves Coppens)

note: 5DEVENIR HUMAINS DOMINIQUE - 7 mars 2017

Voilà comment nous pouvons réaliser que l'encre qui coule au bout de notre main est le prolongement de millions d'organismes qui se sont succédés depuis l'apparition de la vie sur terre. Rien n'est banal, c'est ce que nous affirme cette dizaine d'auteurs qui nous invitent à redécouvrir la prodigieuse solidarité qui existe entre tous les êtres vivants depuis la nuit des temps. Finit de penser "Après nous le déluge" l'écologie doit être au coeur de nos réflexions!

L'amie prodigieuse n° 3
Celle qui fuit et celle qui reste (Elena Ferrante)

note: 4CELLE QUI FUIT ET CELLE QUI RESTE DOMINIQUE - 7 mars 2017

Elena Ferrante a décidément trouvé cette magie d'écriture avec laquelle elle sait intimement impliquer le lecteur dans les aventures de son héroïne. On rit quand elle rit, on pleure quand elle pleure, dans ce troisième volume où tous les archétypes de la société italienne volent en éclats. La feinte était de croire que la résignation était le récif où allait se briser la barque de l'amour. Mais, selon la formule de Raoul Vanheigem, c'était sous-estimer la capacité de Léna à briser les récifs du vieux monde...

L'oeuf de Lennon (Kevin Barry)

note: 4L'OEUF DE LENNON DOMINIQUE - 7 mars 2017

Imaginez un hybride entre Kerouac et Ionesco. Vous obtenez une écriture totalement débridée et inventive où toutes les ombres se mettent à chuchoter et finissent par se concentrer dans un dialogue entre la cantatrice chauve, qui a retrouvé ses cheveux, et son père chamanique. Kevin Barry y mène une transe atlantique mêlant bribes historiques, fiction fascinée et récit autobiographique. La plus belle des façons de briser la coquille!

Chanson douce (Leïla Slimani)

note: 4DE LA NECESSITE DE LIRE DOMINIQUE - 25 novembre 2016

Après le succès de "Laetitia" et le Goncourt attribué au roman de Leïla Slimani, l'intérêt littéraire semble basculer vers les faits divers les plus monstrueux. L'auteure explore notre part la plus ténébreuse et met à jour comment, chez les plus défavorisés dans l'échelle sociale, l'isolement peut conduire à la folie par le passage à l'acte de la pulsion de mort. Par une écriture à bout de souffle, saillante, elle conduit son enquête policière doublée d'une expertise psychiatrique. Ce qui pourrait s'avérer un détail -Louise, la mélancolique infanticide, n'a jamais lu un seul livre, s'avère comme un élément fatal de sa destinée. Elle n'a pas les mots pour sortir de son extrême isolement et finit par se parler à elle-même, convaincue que personne ne l'écoute...

Dans l'attente de toi (Alexis Jenni)

note: 1Dans l'attente de toi DOMINIQUE - 24 novembre 2016

Il est parfois de mauvaises surprises, j'attendais mieux de l'ex-Prix Goncourt, qui sombre ici dans la facilité et dans une impudeur rabâchée, pour ce témoignage d'amour à sa compagne qui aurait du rester sur sa table de chevet.

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