I'm all ears (Let's Eat Grandma)

note: 5Laissez le charme agir ! STEPHANIE, discothécaire - 8 novembre 2018

Après un premier album remarquable le duo Let’s Eat Grandma (LEG) est de retour avec « I’m all ears ». [...]

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Critiques rédigées par Guy, bibliothécaire

 

Confessions d'une cleptomane (Florence Noiville)

note: 5Un portrait fascinant et touchant Guy, bibliothécaire - 18 octobre 2018

Valentine de Lestrange est la femme du ministre Pierre Antoine Berg. Les fonctions de son mari lui laissent beaucoup de temps libre et souvent seule, elle trompe son ennui en s'adonnant à la cleptomanie. Elle suit une impulsion irréversible qui la grise. Elle se sent exister par l'excitation que lui procurent ces vols. Mais cette forme de jouissance est de courte durée, elle doit sans cesse satisfaire ce besoin addictif, peut-être héréditaire. Elle veille à ne pas se faire prendre pour ne pas nuire à la carrière de son mari. Mais un jour elle reçoit une convocation de la police pour des faits de grivèlerie. Affolée, elle demande l’aide de son ami David brillant avocat. A partir de ce moment-là le cours de sa vie va prendre une tournure différente, son regard sur elle et sur son mari va changer.
Un récit bien écrit et plein de rebondissements où Florence Noiville explore le psychisme humain à travers ses troubles addictifs. L’ambiance de ce roman parfois diabolique et le portrait de l’héroïne rappellent les personnages mis en scène par Alfred Hitchcock.

Les Bracassées (Marie-Sabine Roger)

note: 5Un régal à déguster avec des madeleines Guy, bibliothécaire - 2 octobre 2018

Fleur et Harmonie, les deux héroïnes du nouveau roman de Marie-Sabine Roger ont un prénom qui ne leur correspond pas vraiment : Fleur est une vielle dame obèse âgée de 76 ans qui vit recluse dans son appartement avec pour seule compagnie son chien Mylord. Elle est atteinte d’agoraphobie. La seule sortie qu’elle s’autorise est pour consulter son psy le docteur Borodine dont l’accent russe la fait fondre. Harmonie est une jeune femme âgée de 29 ans atteinte du syndrome de la Tourette...C’est une petite annonce rédigée par Fleur pour la garde de son chien qui va provoquer la rencontre entre les deux femmes. Bientôt rejointes par d’autres « bras cassés », elles vont nous entraîner dans une série d’aventures émouvantes et drôles. Voici un roman humaniste qui livre avec tendresse une vision positive de la différence. Il suffit parfois de modifier son point de vue pour changer le regard que l’on porte sur soi et sur les autres.

Khalil (Yasmina Khadra)

note: 4Portrait réussi d'un jeune terroriste Guy, bibliothécaire - 2 octobre 2018

Khalil, une ceinture d’explosif autour de la taille est prêt à ensanglanter Paris ce soir du 13 novembre 2015. Mais contrairement aux autres membres du commando sa ceinture ne fonctionne pas. Au cours de sa cavale pour échapper à la police il prend conscience d’un certain nombre de choses qui ébranlent ses convictions. Le doute s’insinue en lui, il est partagé entre ce que lui dictent sa conscience et les ordres que lui donne son organisation terroriste. Qui va l’emporter ?
Dans un récit alerte, réaliste et bien documenté, Yasmina Khadra nous livre une approche inédite du terrorisme en nous plongeant dans l’esprit d’un kamikaze. Il analyse avec justesse les raisons sociales et psychologiques qui peuvent conduire un homme à commettre un acte atroce sous des prétextes religieux.

L'archipel du Chien (Philippe Claudel)

note: 5Une fable dérangeante Guy, bibliothécaire - 5 juillet 2018

L’archipel du Chien est une petite île de pêcheurs, de cultivateurs et de vignerons. Cet endroit est plutôt inhospitalier, il est recouvert de la lave noire d’un volcan : le Brau, toujours en activité. Un matin quelques notables découvrent sur la plage trois cadavres de jeunes hommes noirs. Afin de ne pas mettre en péril les négociations commerciales pour un projet de thermes certains décident de dissimuler les corps échoués. Ils ne sont heureusement pas tous d’accord.
Ce qui est intéressant dans cet ouvrage c’est le débat qui anime les témoins de ce drame. Ils sont pris entre les impératifs économiques et la morale qui voudrait que l’on enterre dignement ces malheureux.
Une fable dérangeante qui dénonce l’égoïsme et la lâcheté dont sont parfois capables certains hommes.

Une longue impatience (Gaëlle Josse)

note: 5Vivre d’attendre, mourir d’attendre Guy, bibliothécaire - 29 mai 2018

Il n’est pas facile de se remettre de la lecture de ce roman poignant. Il faut déjà sécher ses larmes avant de pouvoir parler de la détresse d’Anne, cette mère qui attend désespérément le retour de son fils parti en mer pour fuir la brutalité de son beau-père. Gaelle Josse a la faculté de nous plonger dans une atmosphère lourde, dans les pensées et les sentiments les plus profonds de son héroïne dont le cœur saigne mais qui survit grâce à l’espoir. Ce récit dépeint un drame, aussi personnel qu'universel : la douleur de l'absence, la peur du vide, l'attente inexorable.
L’écriture est d’une extrême justesse et d’une infinie délicatesse malgré l’aspect tragique de la situation.

Autopsie d'un rebond (Eric Cervos)

note: 5Un roman qui ne manque pas de ressort ! Guy, bibliothécaire - 24 avril 2018

Voici un roman étonnant, qui décoiffe. L’auteur ne cesse de jouer avec les mots. Son style est une sorte de mélange entre Frédéric Dard et Michel Audiard, ce qui donne un cocktail explosif et beaucoup d’humour. Mais les frasques sulfureuses d’Erik Rosa, célèbre auteurs de best-sellers cachent en réalité un parcours professionnel et sentimental chaotique. C’est lorsqu’il évoque son passé que le récit devient plus grave et plus profond. Il témoigne, à travers son expérience, de sa désillusion et des changements survenus dans l’industrie chimique. La mondialisation a entrainé une concentration des grandes entreprises françaises qui se sont progressivement focalisées sur les bénéfices reversés à leurs actionnaires au dépend des employés. Pour sortir la tête haute d’un milieu professionnel qu’il ne reconnait plus, pour enfin réaliser ses rêves Erik a pris des risques, il a opté pour une reconversion sans filet. Ce mélange de fiction et de réalité donne de la puissance à ce roman qui ne manque pas de ressort. J’attends avec impatience le prochain !

Les rêveurs (Isabelle Carré)

note: 5Un récit vibrant et poétique Guy, bibliothécaire - 10 avril 2018

Isabelle Carré, nous raconte son enfance dans les années 70. Lucide et inspirée, avec une écriture délicate, elle renoue les fils de la mémoire. La narration navigue au fil des chapitres entre les époques, les personnages et les points de vue sans que jamais le lecteur ne s’égare. Son enfance et son adolescence sont pleines de rêves pour échapper à une réalité parfois difficile à supporter. Nous la suivons discrète et souvent incomprise par des parents qui se débattent dans leur vie. Ils ont un problème d’identité et ne sont pas toujours à la hauteur en termes d’éducation. Dans cette famille un peu égarée, elle cherche sa place. Heureusement, l’imagination l’aide à s’abstraire de ce monde d’adultes immatures. Son large sourire cache des tourments plus profonds que le théâtre parviendra à lui faire dépasser. J’appréciais déjà l’actrice et je dois avouer que la romancière m’a touché. Elle se confie avec une grande simplicité de ton, sans pathos, ni jugement de valeur. Dans un récit vibrant et poétique, elle nous fait cadeau de ses blessures, de ses failles qui l’ont aidée à grandir.

Chanson de la ville silencieuse (Olivier Adam)

note: 5Un beau roman Guy, bibliothécaire - 20 mars 2018

La fille d’Antoine Schaeffer, ex-star de la chanson française, tente dans ce roman de rembobiner le film de sa vie. Son père à l'apogée de sa gloire a tout plaqué pour aller vivre en ermite à la campagne. Toujours à la merci des paparazzis, il a fini par disparaître totalement. S’est-il véritablement suicidé ou s’agit-il d’une mise en scène ? La quête de ce fantôme de père à partir de souvenirs désordonnés permet à l’héroïne de se retrouver elle-même et de grandir. Olivier Adam est fidèle à ses thèmes favoris : la fuite, l'errance, le mal- être et la solitude.
Un roman mélancolique, à fleur de peau qui rend hommage aux musiciens.

Les loyautés (Delphine de Vigan)

note: 5Boulversant Guy, bibliothécaire - 20 mars 2018

Dans ce roman choral à quatre voix, l’auteur nous fait partager l’inquiétude d’Hélène vis-à- vis de Théo son élève âgé de douze ans et demi. Depuis quelques semaines il a une attitude étrange. Les parents de Théo sont divorcés, c’est la guerre entre eux. Il vit en garde alternée passant d’un monde à l’autre, du laisser-aller de son père à la rigidité de sa mère. Son ami Mathis ne va pas bien non plus, il subit les remontrances de sa mère Cécile qui n’apprécie pas Théo et l’influence qu’il a sur lui. Les deux amis, pour échapper à leur vie qui les insupporte, boivent en cachette. Cette attitude suicidaire va faire remonter à la mémoire d’Hélène ses propres traumatismes. A partir de ce contexte dramatique, Delphine de Vigan s’interroge sur les loyautés intimes qui sont l’essence de chacun d’entre nous.
Elle démontre que ces liens intérieurs qui nous définissent et qui parfois nous élèvent ou nous emprisonnent sont différents selon notre éducation, notre milieu social et notre vécu. Un récit intime, délicat et parfois bouleversant.

L'insoumise de la porte de Flandre (Fouad Laroui)

note: 5Une liberté toujours à défendre. Guy, bibliothécaire - 29 novembre 2017

L’année dernière Fouad Laroui dans son roman intitulé : « Ce vain combat que tu livres au monde », nous racontait la radicalisation d’un jeune musulman sur fond de grande histoire du Moyen-Orient. Cette fois-ci, il nous livre le portrait de Fatima, une jeune femme d’origine maghrébine qui vit dans le quartier de Molenbeek à Bruxelles. Qui est-elle vraiment ? Une jeune femme religieuse qui quitte le domicile de ses parents vêtue de noir et d’un hijab en évitant le regard des hommes ? Celle qui ressort de chez son amie habillée à l’occidentale, robe légère et cheveux au vent ou enfin la femme provocante qui affole les hommes en se dénudant dans un sex- shop ?
Sous les apparences d’un conte philosophique teinté d’humour, Fouad Laroui suit la métamorphose d’une femme qui cherche à se définir par elle-même hors des étiquettes sociologiques ou des fantasmes masculins. Elle est le symbole d’une liberté toujours à défendre.

Femme à la mobylette (Jean-Luc Seigle)

note: 5 Un texte merveilleusement bien écrit et bouleversant Guy, bibliothécaire - 12 octobre 2017

Malgré son prénom, Reine fait partie de la France d’en bas, celle qui vit avec les moyens du bord, au jour le jour. Son existence est difficile, elle se retrouve avec ses trois enfants sur les bras parce que le père l’a abandonnée pour rejoindre une femme plus riche. Reine est fragile psychologiquement, elle manque de maturité et a parfois des comportements étranges. Ce qui la tient debout c’est son esprit plein de poésie et son amour pour les autres. Un jour elle décide de déblayer son jardin encombré par de nombreux objets laissés par son mari et elle va découvrir une mobylette bleue... Un texte merveilleusement bien écrit et bouleversant qui rappelle le réalisme poétique du cinéma des années trente.

Un bon écrivain est un écrivain mort (Guillaume Chérel)

note: 4Parodique est souvent très drôle ! Guy, bibliothécaire - 16 mai 2017

Après avoir passé trois mois en résidence d’écrivains au monastère de Saorge, l’auteur a eu l’idée d’utiliser ce cadre original chargé d’histoire pour y plonger dix écrivains très connus. Ce n’est pas bien de se moquer ! J’avoue que j’ai passé un moment agréable en découvrant les portraits satiriques de ces auteurs qu'on adore (ou qu'on déteste), et qui sont en tête des ventes à chaque rentrée littéraire : Amélie Latombe, Frédéric Belvédère, Michel Ouzbek, Kathy Podcol ou Jean de Moisson ainsi que cinq autres compagnons, ce qui fait bien dix. Il s’agit effectivement d’une sorte de pastiche des Dix petits nègres d’Agatha Christie. Piégés par un mystérieux commanditaire, ils vont montrer le côté sombre de leur personnalité. J’ai particulièrement apprécié la première partie du livre, la liberté de ton, les jeux de mots, la connaissance des auteurs cités et la critique du monde de l’édition. En revanche la deuxième partie m’a semblé moins inspirée et la fin de l’histoire un peu bâclée.

L'éveil (Line Papin)

note: 4Déroutant ! Guy, bibliothécaire - 27 octobre 2016

Dans ce premier roman, la jeune romancière d’origine vietnamienne Line Papin, âgée de 21 ans, décrit les errances et les amours d’un quatuor d’expatriés à Hanoï. Juliet, la fille de l’ambassadeur d’Australie, rencontre au cours d’une fête un homme « au regard d’or » dont elle tombe éperdument amoureux. Celui-ci est un ancien serveur du restaurant français de la ville. Son ami Raphaël est un sympathique flambeur. Plane sur ces trois personnages l’ombre de Laura, une jeune femme libertine qui comble son ennui par des excès d’alcool et de sexe.

Ce roman m’a un peu dérouté, il n’a pas vraiment d’intrigue. Ces deux garçons et ces deux filles pourtant très jeunes semblent avoir beaucoup vécu. Ils se révèlent progressivement à travers leurs excès et leur tendresse. Cet éveil à l’amour est à la fois douloureux et sensuel dans cette capitale vietnamienne où l’atmosphère mystérieuse et surchauffée est très bien décrite.

Maures (Sébastien Berlendis)

note: 5L'insousciance Guy, bibliothécaire - 20 octobre 2016

L’auteur évoque avec beaucoup de précision ses étés d’adolescence dans les années 80 sur la côte varoise. Il retrace avec fidélité l’image de la jeunesse insouciante uniquement préoccupée par les premières rencontres amoureuses. Il réanime aussi avec justesse tous les petits détails et les stéréotypes liés aux vacances en bord de mer.
Son récit est une sorte de kaléidoscope de couleurs et de sensations qui fait remonter à la surface de notre propre mémoire les images et les souvenirs de notre adolescence au soleil. Une rêverie intemporelle et attendrissante qui fait du bien.

Métamorphose d'un crabe (Sylvie Dazy)

note: 5Univers impytoyable Guy, bibliothécaire - 20 octobre 2016

Le crabe dans ce récit ne désigne pas le cancer mais en langage de prisonnier le gardien de prison. L’auteur qui connaît bien le milieu carcéral, puisqu’elle est éducatrice chargée de réinsertion, utilise son expérience pour écrire un roman original sur le personnel pénitencier. Le personnage principal, Christo, vient de réussir le concours de surveillant pénitentiaire. Il se considère comme un ethnologue chargé d’observer le personnel et les détenus. Et c’est sur ce point que repose la force du récit. L’auteur nous montre de l’intérieur le fonctionnement d’une prison, la hiérarchie, les codes. Le quotidien ressemble à une ronde sans fin : cliquetis des clefs, stress, bagarres, alertes soudaines sous le regard des chefs qui ont le pouvoir de faire avancer la carrière ou de la stopper. Le danger de ce type d’emploi extrêmement pénible et absorbant est de se couper progressivement du monde réel. Nous assistons au fil du récit et des circonstances à la métamorphose de Christo qui témoigne de l’aspect impitoyable de l’univers carcéral des deux côtés des barreaux.

Dans ma peau (Guillaume de Fonclare)

note: 5A lire Guy, bibliothécaire - 12 mai 2016

Guillausme de Fonclare est atteint d’une maladie atroce dite « auto-immune » et « orpheline », sans espoir de guérison. Mystérieuse et lancinante, cette maladie dévore ses muscles et le condamne à l’invalidité puis à la mort. C’est dans la nudité de sa douleur qu’il se raconte. Il fend l’armure qu’il se compose au quotidien pour assumer son poste de directeur de l’Historial de la Grande guerre à Péronne. Un travail qui lui permet d’oublier un peu la décadence de son corps. L’immense solitude dans laquelle la maladie l’enferme se trouve allégée par le lien qu’il a tissé avec ses frères soldats. Monsieur le Directeur est une victime de la maladie parmi les « gueules cassées » de la grande guerre. Et cette fraternité du corps, cette proximité de la tragédie, tout comme l’exigeante lucidité dont il fait preuve, lui servent d’exutoire. Même s’il reste discret sur son passé, on comprend à demi-mot qu’il a vécu des drames notamment la perte de son père pilote d’essai à l’Aérospatiale, qui a trouvé la mort en vol... Lui-même père de deux enfants, leur dit tout son amour en quelques sobres pages, en espérant ne pas leur laisser sa maladie en héritage. Dans ma peau, n’est pas un livre de désespoir mais au contraire de dignité et de courage. L’auteur, dans une écriture maîtrisée, célèbre l’homme dans les subtiles nuances de ses forces et faiblesses mêlées.

Comme une voix lointaine (Marie-Hortense Lacroix)

note: 4Une très belle histoire Guy, bibliothécaire - 12 mai 2016

Myriam est une pianiste renommée. Dés l’enfance, elle n’a vécu que pour son art. Même la naissance de sa fille Lucie n’y change rien. Ce serait sacrilège de négliger la musique pour de l’amour maternel ! Devenue grand-mère, elle espère que Sylvain sera à son tour un musicien talentueux…
Très belle histoire, pleine d’humour et de finesse où les certitudes laissent la place à la fragilité et au renoncement.

Elle est moi (Vincent de Swarte)

note: 4A lire ! Guy, bibliothécaire - 7 avril 2016

Le narrateur s’exprime à la première personne. Il se prénomme Vincent comme l’auteur et exerce également la profession d’écrivain. Au premier abord on pourrait penser qu’il s’agit d’une autobiographie, mais c’est bien dans une aventure autofictionnelle que Vincent de Swarte nous embarque. Alors qu’il vient de franchir la quarantaine, Vincent connaît une sérieuse panne d’écriture. Sous l’ aspect d’une monstrueuse poussée d’urticaire, son corps va radicalement se transformer. Il va découvrir la perte de son pénis remplacé par un sexe féminin. Derrière cette fable proche de la comédie épique se cache des questions beaucoup plus sérieuses. C’est tout un système de représentation fondé sur l’apanage de la virilité qui s’effondre. La panne d’écriture n’était que la manifestation prémonitoire de cette perte. L’auteur rétablit avec une grande subtilité le ressenti, la représentation de la réalité et les fantasmes du narrateur désormais investi par sa part féminine. Il est également contraint de redéfinir sa perception du désir ainsi que le sens de sa relation avec Anne, son épouse.
Même si l’humour n’est jamais très loin, au bout du compte, ce roman pose la question de notre rapport sexué au monde.

Dingue de toi (Sofiane)

note: 4Alerte et drôle Guy, bibliothécaire - 7 avril 2016

Il y a des jours où tout dérape. Les choses étaient pourtant bien organisées : le vendredi, Poppy enterrait sa vie de jeune fille et le lendemain elle épousait Rob et ils devenaient un gentil couple sans histoire. Sauf que le samedi Poppy a rompu. Du coup furieux, Rob lui a révélé ce que tout le quartier sait depuis toujours, que son père n’est pas son vrai père. Et c’est ainsi que Poppy s’est retrouvée à Londres en quête d’un appartement, de son géniteur, d’un job et de l’âme sœur.
Comédie sentimentale, alerte et drôle.

Oeuvre non trouvée

note: 5Un récit puissant ! Guy, bibliothécaire - 2 février 2016

Le jeune narrateur dont on ne connaîtra pas le nom s’ennuie dans sa Normandie natale. Pour fuir le vide de sa vie, Il décide de partir au Mali pour tenter l’aventure. Son rêve s’achève en Syrie, dans une forteresse djihadiste où les hommes ont perdu toute humanité. « Le Français » dont nous avons suivi le parcours devient sous nos yeux un véritable monstre. En faisant parler son anti-héros à la première personne, l’auteur nous fait partager ses pensées, ses angoisses et ses envies. Nous découvrons son horreur pour la société française qui ne lui accorde aucune place. Sa radicalité lui évite toute culpabilité, il parvient à justifier l’innommable. Un récit puissant sur « un enfant perdu » qui fait froid dans le dos.

Un amour impossible (Christine Angot)

note: 5Récit intimiste Guy, bibliothécaire - 2 février 2016

A la fin des années 1950, à Châteauroux, Pierre et Rachel vivent une histoire d’amour courte mais passionnée. Pierre, parisien, érudit, fils d’une famille bourgeoise fascine Rachel, modeste employée d’origine provinciale. Pierre ne veut pas se marier, pourtant de leur liaison naît une petite fille : Christine. Rachel élève seule sa fille et une grande complicité les unit. Christine ne voit son père qu’épisodiquement jusqu’à l’année de ses treize ans où il se montre de plus en plus présent et lui fait découvrir un autre monde, celui de la culture. Cette relation qui se révèlera incestueuse va un peu plus éloigner Christine de sa mère à qui elle reprochera de n’avoir rien vu. J’ai aimé ce récit intimiste qui dépeint l’amour à sens unique d’une femme pour un homme d‘un milieu social sans doute trop différent. Cet homme se joue d’elle et cette passion va s’avérer destructrice pour la mère comme pour la fille. Avec beaucoup de retenue, Christine Angot parvient à lever le voile sur une période difficile de sa vie.

Jusque dans nos bras (Alice Zeniter)

note: 5Un récit tout en nuance. Guy, bibliothécaire - 15 décembre 2015

Aujourd’hui, Alice se marie avec un jeune Malien qui se prénomme Mad. Il sont les meilleurs amis du monde depuis leur enfance, ils ont partagé le même bac à sable et les mêmes établissements scolaires. Ils ont grandi ensemble et partagent des idéaux semblables. Rien de plus naturel donc qu’ils unissent leurs destins. Mais, au fil du récit, on apprend qu’il s’agit d’un mariage blanc parce que c’est la seule chose qu’Alice peut faire pour sauver son ami sans papier. Cet engagement n’est pas purement sentimental, il est également politique.
Dans cette autofiction, Alice Zeniter s’engage et dans un style moderne elle dénonce une politique migratoire qui oblige des individus, parfois très jeunes comme ses héros, à prendre des décisions qui vont bouleverser à jamais leur existence.

Entre frères de sang (Ernst Haffner)

note: 5Un style très vivant et moderne Guy, bibliothécaire - 23 juillet 2015

Au début des années 30, l'Allemagne est en pleine dépression économique et sociale, Berlin est une jungle où de nombreux jeunes vivent dans les rues. Ces « sans toits ni lois » cherchent à survivre. Certains sont orphelins, d'autres ont quitté leur domicile ou leur foyer de l'assistance publique et doivent échapper à leurs ennemis : le froid, la faim, la police et la maladie. Dans ce contexte, nous découvrons le quotidien de Johny et sa bande qui ont compris qu'ensemble ils sont plus forts et que cette solidarité de circonstance leur permet de rester en vie et peut­être d'accéder à un avenir. Des personnages attachants qui vivent de nombreuses aventures avec des anecdotes tantôt tristes tantôt drôles. J'ai apprécié ce regard de « l'intérieur » du point de vue des jeunes, nous partageons leurs aventures sans dramaturgie exagérée. J'ai aussi aimé le style de l'auteur très vivant et moderne, il écrit sur le vif comme un reporter. Je vous invite donc à découvrir cette œuvre qui donne dans le registre du réalisme social.

Géographie française (Gabriel Garran)

note: 5Roman d'apprentissage Guy, bibliothécaire - 23 juillet 2015

Gabriel Garran, de son vrai nom Gabriel Gersztenkorn, retrace dans cet ouvrage la première partie de sa vie, de l'enfance à l'adolescence. La guerre et l'arrestation de son père en 1941 en raison de ses origines juives, puis sa déportation à Auschwitz qui ont fait basculer sa vie. A travers son regard nous percevons les différentes facettes des Français sous l'Occupation, des plus lâches aux plus nobles. Ce que j'ai beaucoup apprécié dans ce roman d'apprentissage, c'est la qualité de l'écriture. Cet homme aujourd'hui, octogénaire, parvient à retrouver l'enfant qu'il fut avec un style vif et percutant où il exprime des sentiments à la fois simples et profonds.

Peine perdue (Olivier Adam)

note: 5Un roman noir et bouleversant Guy, bibliothécaire - 23 juillet 2015

Nous retrouvons les thèmes chers à l'auteur dans ce onzième ouvrage : les bords de mer, l'enfance, l'injustice sociale, les crises d'identité. L'histoire se déroule dans une cité balnéaire du Var désertée avant le début de la saison. Antoine, mécanicien au chômage, le footballeur le plus doué de l'équipe amateur de la ville, a été sauvagement agressé. Pourquoi et par qui ? Va-­t-­il sortir du coma ? A travers l'enquête de Grindel, le policier chargé de l'affaire, on découvre 21 personnages qui connaissent de près ou de loin Antoine. Le goût d'Olivier Adam pour les perdants et les êtres cabossés par l'échec professionnel ou familial ressort. Il a un regard tendre à l'égard de cette majorité silencieuse qui souffre de la précarité et de la crise économique. Il adopte le langage parlé de ses protagonistes, abuse de phrases courtes, les mots s’enchaînent parfois sans verbe. Beaucoup de rythme, de nervosité. L'écriture est extrêmement visuelle. Un roman noir et bouleversant, reflet d'une France qui se paupérise, que je vous invite à lire.

Réussir sa vie (Bruno Gibert)

note: 4Roman de la France d’en bas Guy, bibliothécaire - 23 juillet 2015

21 chapitres courts et fragmentés, comme autant de cris et de coups de poing ou de complaintes résignées. Ils parlent de leurs galères, de leurs espoirs à travers leur quotidien fait de petits boulots précaires, de rendez-vous à l’ANPE, d’embrouilles, de dépressions ou encore de divorces… Ils habitent Gennevilliers, Asnières ou Nanterre, ils ont 23, 39 ou 56 ans. Adolescent en souffrance, caissière, érémiste ou clandestin…ils se souviennent et regrettent souvent le paradis perdu de leur enfance… C’est leur vie qu’ils égrènent, leur vie intime et professionnelle, la lutte constante… Entre la fiction et le documentaire, l’auteur explore les déterminismes sociaux, les trajectoires individuelles à la lumière de l’obsession de la réussite. L’écriture est minimaliste, elle se scande parfois comme les paroles d’un slam. Dénoncer l’obsession de réussite individuelle qui gouverne nos sociétés, roman de la France d’en bas, de la France qui tombe.

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